mercredi 29 mai 2013

Les crimes rituels au Congo-Brazzaville


Le Gabon n’est pas le seul pays à connaitre la terreur des crimes rituels. Depuis 2009, des crimes odieux sont perpétrés de manière isolée dans le département de la Sangha (Nord-Ouest du Congo). Il s’agit de crimes rituels en série, dont le premier a eu lieu en 2009 dans la localité de Pokola. Une enquête de police, a permis d’interpeller au moins six personnes, dont le maire de Ouesso, Siméon Mobondé, arrêté le mercredi 22 mai dernier à Pointe-Noire. Il s’y serait rendu pour se cacher après avoir appris qu’une délégation conduite par le Général Ndenguet arrivait de Brazzaville.
C’est vraiment à partir de 2011 que ce phénomène a pris de l’ampleur dans la ville de Ouesso, chef-lieu du département de la Sangha avec environ 40 000 habitants, qui connaît un climat de terreur, du fait des assassinats en série perpétrés par ce réseau de bandits appelés localement « kata kata » (couper couper).On dénombre une douzaine de victimes et plusieurs personnes disparues. Les corps des victimes sont dépossédés de leurs organes génitaux et du sang fraichement coulé.
Les assassins procédaient toujours par le même mode opératoire. Ils ciblaient particulièrement les femmes allant seules au champ. Ils attaquaient toujours avec la machette. Les populations étaient en colère contre les autorités locales, accusées de laxisme et voir de complicité devant ce phénomène de criminalité, qui vise à sacrifier des organes humains pour garantir des bons postes gouvernementaux aux hommes politiques. Ils n’avaient pas tort d’y croire avec l’arrestation du maire de la ville. Un climat de terreur s’est emparé dans la ville. Conséquence: les femmes ne s’aventuraient plus seules, au champ ou même en dehors de la commune. La nuit, il fallait éviter d’être seul. On compte au moins une dizaine de victimes, dont trois grièvement blessés, ayant échappé à leurs agresseurs.

Siméon Mobondé, maire de Ouesso et supposé commanditaire de ces crimes rituels
C’est dans un contexte social tendu, à Ouesso, que la direction générale de la police a pris l’affaire en main. Le premier bandit a été appréhendé par une embuscade tendue par un agent des forces de l’ordre. Celui-ci a piégé les bandits avec sa femme, qu’il a laissé partir seule au champ, pendant qu’il se cachait et se tenait tout près. Au moment où un bandit a surgit pour attaquer la femme, l’agent est sorti de sa cachette puis a tiré sur le bandit qui tentait de s'enfuir. Ce dernier, transféré à l’hôpital militaire de Brazzaville pour les soins, se trouve entre les mains de la police, avec cinq autres suspects dont un autochtone particulièrement violent (pygmée).

Les bandits "kata kata" arrêtés.
Cette affaire des crimes rituels est en train de faire rage au Gabon et au Cameroun voisins. Au Gabon, la police a saisi des glacières dont le contenu serait destiné à approvisionner l'écœurant trafic des organes. Le pire c’est que ce trafic n'est pas destiné à quelque malade en attente de greffe : les organes (langues, yeux, cœurs, oreilles et sexes...) servent à élaborer des fétiches et, même s'il est impossible de le prouver, la rue gabonaise est aussi convaincue que les instigateurs de ce commerce macabre sont issus du cercle du pouvoir.

Une victime des crimes rituels au Gabon
Tous ces maux font partie de ce que nous décrions dans nos pays de l’Afrique centrale : la confiscation de pouvoir par des petits clans (Nguesso au Congo; Bongo au Gabon et Biya au Cameroun). Les régimes dépostes instaurés dans ces pays, qui ne favorisent pas l’avancement et la compétence, contribuent à créer des malaises et des climats sociaux propices à des dérives humaines comme ce genre de fléau.